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Le kimono est bien plus qu’un simple vêtement traditionnel japonais. Il incarne l’élégance et la culture de ce magnifique pays.

Au fil du temps, il est devenu une œuvre d’art transmise de génération en génération, comme un objet de famille précieux. 

Découvrez l’histoire et les secrets de ce vêtement d’exception.

L’histoire du kimono

Pour découvrir l’histoire du kimono (着物, littéralement « chose à porter sur soi”), il faut remonter dans le temps et plus précisément à l’ère Nara (奈良時代, Nara-jidai, 710-794) où il fut fortement influencé par la mode chinoise.

Cependant, il faudra attendre l’ère Heian (平安時代, Heian-jidai, 794-1185) pour que le kimono que nous connaissons aujourd’hui commence à prendre forme. 

Plus qu’un simple vêtement, il devient un symbole de statut social et de sensibilité esthétique. Au fil du temps, ses couleurs, ses tissus et ses motifs sont devenus des marqueurs de l’identité et des goûts de chacun.

Mais le véritable tournant dans l’histoire du kimono s’est produit pendant l’ère Edo (江戸時代, Edo jidai, 1603-1868) qui a vu l’émergence d’un savoir-faire en matière de soie et de techniques de teintures complexes.

Au fil des siècles, le kimono est devenu plus accessible à tous les Japonais, de toutes classes sociales. Son design a évolué pour devenir plus simple et fonctionnel. 

Les manches larges et la forme rectangulaire caractéristiques du kimono sont restées inchangées, mais les matériaux et les motifs ont varié en fonction des époques.

Estampe de femme portant un kimono de la Library of Congress.
Estampe de la Library of Congress

Les différentes variations du kimono

Je vais rapidement vous présenter quels sont les types de kimonos les plus courants au Japon. Il y a tellement de choses à dire à ce sujet que cela mériterait un article complet 😉​.

Furisode

Le kimono furisode (振袖, “manches pendantes”) est réservé aux jeunes femmes célibataires. Il se caractérise par ses manches longues et élégantes. 

Il est généralement porté lors d’occasions importantes, comme les cérémonies de mariage.

Jeune femme portant un kimono furisode à l'occasion d'un mariage.
Jeune femme portant un kimono furisode à l’occasion d’un mariage
Les manches des kimonos furisode par Susann Schuster.
Les manches des kimonos furisode par Susann Schuster

Tomesode

Le kimono tomesode (留袖) est plus court. Ce sont les femmes mariées qui le portent, lors de cérémonies par exemple. Contrairement au furisode, il a des manches courtes. 

Femme portant un kimono tomesode à l'occasion d'un mariage.
Femme portant un kimono tomesode à l’occasion d’un mariage

Kimono pour homme

Le kimono pour homme, appelé montsuki (紋付), est plus sobre et comporte des motifs et des couleurs plus simples. Il est souvent porté lors de cérémonies formelles et de festivals traditionnels.

Homme portant un montsuki par Toshiharu Watanabe.
Homme portant un montsuki par Toshiharu Watanabe

Kimono pour enfants

Les enfants ont aussi leur propre version du kimono. Ils le portent lors des fêtes de naissance et d’autres célébrations spéciales.

Kimono bleu d'un jeune garçon dans un temple japonais.
Kimono d’un jeune garçon que j’ai croisé dans un temple

Yukata

Le yukata (浴衣) est un kimono d’été léger et informel. Il est idéal pour les festivals d’été et les sorties décontractées. Vous croiserez d’ailleurs des Japonais de tous les âges qui portent ce vêtement traditionnel dans la rue.

Comme j’en parle dans mon article sur l’omotenashi (l’hospitalité à la japonaise), certains hôtels en proposent également en guise de peignoir dans la chambre.

Couple portant un yukata dans la ville de Nara au Japon.
Couple portant un yukata à Nara

Kimono awase et kimono hitoe

Les kimonos awase sont doublés, plus épais et conçus pour les saisons froides et les occasions formelles.

Les kimonos hitoe sont non doublés, plus légers et adaptés pour les saisons chaudes et les événements informels. Ils se portent en général de juin à septembre.

Les yukata, quant à eux, sont portés quand l’été est le plus chaud au Japon, c’est-à-dire en juillet et en août.

L’art du kitsuke

Le kitsuke (着付け) désigne l’art de porter un kimono. Je vous présente les différents accessoires qui sont utilisés.

  • Nagajuban 長襦袢 : kimono simple faisant office de sous-vêtement et dont le col blanc dépasse du kimono principal.
  • Erishin 衿芯 : renfort qui se glisse dans le col du nagajuban pour le raidir.
  • Obi 帯 : ceinture qui maintient le tout en place.
  • Obi-ita 帯板 : plaque qui est insérée à l’avant entre les couches de la ceinture obi pour lisser sa surface et éviter qu’il ne plisse.
  • Obi-makura 帯枕 : petit coussin avec des liens qui peut être utilisé pour donner au obi la forme souhaitée.
  • Obijime 帯締め : corde décorative qui se noue sur le obi et qui sécurise toute la structure.
  • Obiage 帯揚げ : bande de tissu (généralement en soie) utilisée pour draper la partie supérieure du obi.
  • Tabi 足袋 : chaussettes traditionnelles japonaises en coton blanc.
  • Geta 下駄 : chaussures traditionnelles japonaises.

Petite précision qui a une grande importance

Assurez-vous de croiser le pan gauche au-dessus du pan droit pour fermer correctement votre kimono (ou votre yukata) ! Il ne faut jamais croiser votre kimono à l’inverse, car cela est réservé aux personnes décédées !

Le magnifique kimono rose à fleurs et ses accessoires que j'ai eu la chance e porter lors de mon premier voyage au Japon.
Le magnifique kimono que j’ai eu la chance de porter et ses accessoires
Le très joli nagajuban que je portais sous mon kimono.
Le très joli nagajuban que je portais sous mon kimono

Le processus de fabrication d’un kimono

La fabrication d’un kimono est un processus complexe qui nécessite une grande habileté et une attention aux détails. Voici les étapes générales de sa fabrication.

Sélection du tissu

La première étape consiste à choisir le tissu approprié en fonction de la saison et de l’occasion. 
On peut fabriquer les kimonos en soie, en coton, en polyester ou d’autres matériaux, en fonction de leur utilisation.

Découpe du tissu

Des marques pour se repérer sont dessinées sur le tissu, puis coupées avec précision pour s’assurer qu’elles correspondent aux différentes parties du kimono, y compris le dos, les manches, le devant et le obi (ceinture).

Assemblage

Les couturières assemblent les différentes parties du kimono, telles que le devant, le dos et les manches pour former un vêtement complet.

Elles veillent également à ce que toutes les parties soient bien alignées et ajustées.

Ce processus d’assemblage nécessite une grande compétence pour aligner les motifs de manière précise et créer un kimono bien équilibré.

2 morceaux de tissu d'un kimono qui ont été assemblés.
2 morceaux de tissu d’un kimono qui ont été assemblés

Teinture et décoration

On teint ou décore ensuite les kimonos. Les motifs sont souvent créés à l’aide de techniques de teinture traditionnelles, telles que le yuzen (友禅), qui implique la peinture à la main des motifs sur le tissu.

Des broderies, des brocarts, ou d’autres décorations complexes peuvent également ornés les kimonos.

Kimono brodé à l'exposition "Kimono" au Musée du Quai Branly.
Kimono brodé à l’exposition « Kimono » au Musée du Quai Branly

Doublure (le cas échéant)

Les kimonos doublés, comme les kimonos d’hiver, reçoivent une doublure intérieure pour les rendre plus chauds et plus confortables. La doublure est également taillée et cousue avec précision.

Finitions

Les ourlets et les bords sont finis avec une grande attention aux détails. Les kimonos sont souvent équipés de renforts au niveau des poignets et des épaules pour les rendre plus durables.

Essayage et ajustements

Avant d’être livré au client, le kimono est généralement essayé pour s’assurer qu’il s’adapte parfaitement à la personne qui l’a commandée.

Des ajustements finaux peuvent être nécessaires.

Présentation

Une fois qu’on a ajusté le kimono, on le présente de manière élégante, le plus souvent dans une boîte spéciale.

Les kimonos peuvent être vraiment somptueux et considérés comme des trésors qui se transmettent de génération en génération au sein d’une famille.

Les différents tissus pour les kimonos

On fabrique les kimonos à partir de divers types de tissus en fonction de la saison, de l’occasion et de la préférence esthétique

Voici quelques-uns des tissus les plus couramment utilisés pour leur confection.

Soie

La soie (絹, kinu) est le tissu le plus prestigieux pour les kimonos. Elle est douce, légère et possède un éclat naturel. 

On réserve généralement les kimonos en soie, qui sont très coûteux, aux occasions formelles telles que les mariages et les cérémonies importantes. Ils peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros !

Lors de l’un de mes voyages au Japon, je suis allée dans le célèbre grand magasin Mitsukoshi dans le quartier de Nihonbashi de Tokyo.

À l’un des étages, de magnifiques kimonos étaient présentés, ainsi que des catalogues pour faire son choix. 

Le vendeur, voyant mon air ravi devant tant de beauté, m’a proposé de me faire une petite présentation des kimonos vendus dans le magasin et dans les catalogues. Je lui ai répondu que je n’avais malheureusement pas le budget nécessaire pour m’en offrir un mais il m’a dit que ce n’était pas grave. 

Grâce à sa gentillesse, j’ai pu voir des pièces vraiment magnifiques ! Petite précision, il parlait plutôt bien anglais 😉​.


Adresse : Mitsukoshi, 1-4-1 Nihombashi Muromachi, Chuo-ku, Tokyo, Japon.

Coton

Le coton (綿, men) est un tissu respirant et confortable, adapté aux kimonos d’été, tels que les yukata. Il est léger et permet de rester au frais par temps chaud.

Polyester

Le polyester (ポリエステル) est un matériau plus moderne, souvent utilisé pour les kimonos moins formels. Il peut imiter l’apparence de la soie tout en étant plus abordable.

Chirimen

On utilise fréquemment le chirimen (ちりめん), un type de crêpe de soie texturée, pour les kimonos formels en raison de sa durabilité et de sa texture unique.

On utilise également le chirimen dans la fabrication d’objets tels que des porte-monnaies, des trousses à maquillage…

Si vous allez à Kyoto, je vous recommande la jolie boutique Chirimen Craft Museum

Adresse : Chirimen Craft Museum ちりめん細工館, 19-2 Sagatenryuji Tsukurimichicho, Ukyo Ward, Kyoto, 616-8384, Japon.

Articles vendus dans la boutique Chirimen Craft Museum à Kyoto.
Articles vendus dans la boutique Chirimen Craft Museum à Kyoto

Rinzu

Le rinzu (綸子) est un damassé de satin de soie avec des motifs en relief. Il est populaire pour les kimonos plus formels.

Les dimensions du tissu utilisé pour la fabrication d’un kimono

Voici les dimensions courantes du tissu. Vous allez comprendre pourquoi un kimono peut peser assez lourd…

Dimensions pour le kimono

On découpe une seule pièce de tissu, mesurant exactement 13,5 mètres de long et environ 38 centimètres de large, en huit sections. Ensuite, on coud habilement ces parties ensemble pour créer la forme fondamentale d’un kimono.

On ne gaspille aucun morceau de tissu ; chaque pièce est utilisée

Dimensions pour le obi (la ceinture)

Un kimono est porté avec une ceinture appelée obi (帯), qui le maintient en place et garde le devant fermé. Il mesure environ 4 à 5 mètres

Les obi n’ont pas seulement une fonction pratique, ils sont aussi très beaux et peuvent être noués de différentes façons.

Mon obi noué en forme de papillon

L’impact du kimono sur la mode contemporaine

Le kimono influence la mode contemporaine à l’échelle internationale. 

Au fil des siècles, sa silhouette fluide, ses lignes épurées et ses tissus luxueux ont séduit de célèbres maisons de couture. 

Chanel, Dior ou encore Gucci ont créé des collections s’inspirant du kimono et de ses motifs traditionnels. Ils les ont intégrés dans des robes, des blouses, des pantalons et même des accessoires tels que des sacs à main ou encore des foulards.

Cette fusion entre tradition et modernité permet aux amoureux de la mode de porter le kimono d’une manière contemporaine et unique. 

Jeune femme portant un kimono en dentelle par Nguyen TP Hai.
Jeune femme portant un kimono en dentelle par Nguyen TP Hai

Le kimono, symbole culturel

Cependant, il n’y a pas que dans la mode que le kimono a laissé son empreinte. Il est devenu également un symbole d’échange culturel, favorisant une appréciation plus profonde de l’art et du patrimoine japonais. 

Les musées du monde entier exposent fièrement leurs collections de kimonos, permettant ainsi aux visiteurs d’avoir un aperçu de la beauté et de l’histoire de ce vêtement extraordinaire.

En avril 2023, en rentrant de mon voyage au Japon, je suis allée voir la splendide exposition Kimono au Musée du Quai Branly. Je n’ai pas été déçue !

Comme je l’ai déjà précisé dans mon article sur Kyoto, beaucoup de magasins louent des kimonos et des yukata au Japon et oui, les étrangers peuvent tout à fait les porter ! 
Je vous remets le lien vers la vidéo de Yuu’s adventures dans laquelle il demande à des Japonais ce qu’ils pensent des étrangers qui en portent un. 

Comme vous venez de le voir dans cet article, le kimono est bien plus qu’un simple vêtement : c’est un symbole de l’élégance, de la tradition et de l’art japonais. 

Il est à la fois une œuvre d’art vivante, une source d’inspiration et une icône intemporelle.

J’ai eu la chance d’en porter un lors de mon premier voyage au Japon. Des professeurs de mon école de japonais à Tokyo avaient eu la gentillesse d’amener leurs kimonos. Certains, dont celui que j’ai porté valaient plusieurs milliers d’euros ! 

Alors si vous avez l’opportunité de vivre cette belle expérience , n’hésitez pas !

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Vous pouvez me faire part de vos questions et de vos demandes dans les commentaires 😊 .

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4 commentaire

  1. Des œuvres d’art ! Je regrette de ne pas avoir fait une journée en kimono au Japon (j’ai essayé des kimonos et yukata à Toulouse/Castelginest).

    1. Merci pour ton commentaire Stéphanie 😊​💕!
      C’est vrai que les kimonos sont de véritables œuvres d’art ! Si tu peux retourner au Japon, n’hésite pas à faire l’expérience d’en porter un. Le simple fait de l’enfiler (avec tous les accessoires nécessaires) est déjà un moment unique qui nous fait toucher du doigt l’âme du Japon !

  2. Encore un article super intéressant et détaillé ! C’est tellement beau les kimonos 🤩

    1. Merci beaucoup Alizée pour ton commentaires 😊​💕 !
      Je suis vraiment contente que cet article t’ait plu. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir porter ce magnifique kimono et d’avoir pu en photographier plusieurs au cours de mes différents voyages 👘​ !

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